La murder party

(Une véritable histoire de Moldus, murder conçue et rédigée par Raphaël Thébaud)

 

Je vous vois déjà frissonner de délice et de curiosité devant ce titre quelque peu étrange et évocateur.

Ne vous inquiétez pas, je ne dévoile pas ici la manière dont j’ai tué quelqu’un à l’aide d’un trombone, ni ne vous expose toutes les manières atroces et ô combien rigolotes de torturer quelqu’un (qui sait, cela pourrait être le sujet d’un prochain article…).

Ceux qui connaissent et maîtrisent le monde du Grandeur Nature connaissent généralement le principe d’une murder, et certains se frottent d’ailleurs tout d’abord à celle-ci avant de se tourner vers le GN !

Mais pour les autres, j’imagine déjà vos innombrables questions et vos sourcils froncés devant ce principe quelque peu inconnu du grand public, bien qu’il ait tendance aujourd’hui à se démocratiser. Pour exemples, le Musée du Louvre compte organiser d’ici peu une murder géante en son sein et on ne compte plus le nombre de structures qui se sont spécialisées dans l’organisation de murder party à destination des entreprises.

 

Qu’est-ce donc que cette « murder party » me demanderez-vous ?

 

Photo murder 6

(Murder : Dieu est mort, conçue et rédigée par SPSR)

 

1. Le principe

C’est un divertissement qui consiste à se mettre dans la peau d’un personnage au cours d’une soirée, et de vivre, avec un maximum de réalisme, une aventure en général pleine de rebondissements. De par son titre, on se doute que la « murder » tourne autour d’une énigme (ou d’un meurtre, ô surprise !) que les personnages vont devoir résoudre. Bien entendu, souvent, le principe est de découvrir qui est l’assassin, en sachant que celui-ci se cache parmi les participants. Mais ce n’est pas forcément la seule énigme à laquelle les joueurs font face au cours du jeu.

Se déroulant sur un temps relativement court, communément le temps d’une grosse soirée (entre 2 et 7 heures), la murder a pour grand avantage de présenter une certaine facilité d’organisation (un temps court dans un environnement simple).

Elle peut accueillir entre 2 et plus d’une centaine de personnes, mais de manière habituelle, elle met en scène moins d’une dizaine de personnages.

 

Photo murder

(Murder : Good Vibrations, conçue et rédigée par Sébastien Duverger-Nédellec)

 

L’environnement est défini dans le livret qui présente l’histoire (un bar, une taverne, une villa américaine, une soucoupe volante…. tout est possible !). Habituellement, il suffit de trouver une ou deux pièces dans une maison ou un appartement et d’y installer quelques éléments d’ambiance pour que cela suffise. Après, si cela est possible, il est bien sûr plus appréciable de profiter de plus de pièces voire d’un jardin… mais cela ne doit pas se présenter comme un problème si les organisateurs ne possèdent pas une grande surface pour leur murder. Après tout, le plus important ce sont les joueurs car ce sont eux qui créent le jeu !

C’est donc une forme de jeu de rôle, mêlé à un jeu d’enquête et d’énigme. Tout comme le GN, elle s’inspire de nombreux autres jeux ou divertissements, comme les jeux de piste, le théâtre, la littérature policière, les casse-têtes, les chasses au trésor.

Dépendant de l’histoire que vous choisissez, il n’est pas rare de trouver des conseils de lectures, de films, d’oeuvres à aller découvrir sur les fiches, aussi bien à destination des organisateurs que des joueurs, et ce afin de mieux appréhender l’époque et le lieu dans lesquels vous allez évoluer.

 

2. Les joueurs

Ceux-ci incarnent des personnages déjà définis qui vont évoluer dans une histoire déjà écrite. Bien entendu, ceux-ci ne la connaissent pas, enfin, en tout cas, ils n’en reçoivent que quelques informations.

Chaque personnage possède ce qu’on appelle une « histoire personnelle » (background dans le jargon). Celle-ci est rédigée sur une fiche dans laquelle le joueur va trouver diverses informations. Celles-ci se décomposent en plusieurs parties : des renseignements sur le personnage en lui-même (sa vie, son oeuvre…), son caractère, comment il se comporte etc. Informations vitales pour le joueur car il/elle va devoir les respecter afin de se fondre dans son rôle. Ces personnages sont généralement stéréotypés afin que chacun y trouve des repères communs, à l’exemple de personnages de romans policiers comme ceux d’Agatha Christie ! On peut trouver une femme fatale, un mafieux, un agent secret…

Dans un deuxième temps, la fiche expose les raisons de la présence du personnage à la soirée et quels sont ses objectifs, ainsi que ses relations avec les autres joueurs présents, et quels objets il/elle peut posséder au-début du jeu (en sachant que parfois le vol ou la fouille sont autorisés !). Il est très important de retenir ces informations car elles vont définir votre manière d’être au cours de la soirée.

 

Fiche

(Fiche-type de personnage, avec toutes les informations essentielles. Et, oui, chez GNeuh nous maîtrisons le latin !)

 

En plus de cela, chacun possède une présentation générale de l’histoire : pourquoi est-ce que chacun est sur place (sans trop de précision non plus), que s’est-il passé, où se trouvent les personnages etc. ?

Ces informations (la fiche de personnage et la présentation de l’histoire) sont envoyées aux joueurs quelques jours (voire semaines) avant le déroulement de la partie. Cela leur laisse le temps de bien se mettre dans la peau de leur personnage ainsi de trouver le costume adéquat pour renforcer l’illusion.

 

3. Les organisateurs

Ceux-ci sont là pour veiller à ce que tout se déroule au mieux au cours de la soirée. Ce sont les Maîtres du Jeu (*musique de Fort Boyard*). Bien qu’ils ne jouent pas, ou très peu, leur rôle est essentiel.

Deux, trois ou plus, ils se chargent de sélectionner les joueurs afin que ceux-ci se sentent au mieux dans le rôle qu’on leur a attribué. Une fois la sélection faite, une date et un lieu trouvés, ce sont eux qui vont envoyer les fiches aux joueurs.

Au cours de la soirée leur rôle est multiple (ils sont parttoouutt) : ils peuvent incarner des Personnages Non-Joueurs (PNJ) comme par exemple le patron du bar où se déroule l’intrigue. Même s’ils ne fournissent pas forcément d’informations aux joueurs, ils sont là pour renforcer l’ambiance générale.

 

Photo murder 4

(Deux organisateurs en plein complot !)

 

Ils peuvent avoir pour rôle de délivrer des informations dans certaines circonstances (par exemple, un joueur a une vision, les organisateurs vont l’emmener dans un lieu sûr pour lui dévoiler ce qu’il a vu).

De même, ils peuvent avoir pour rôle de cacher certains indices au fur et à mesure de la soirée afin de faire avancer l’intrigue.

Seul l’organisateur connaît les objectifs et détails de l’histoire, ainsi que de tous les personnages.

 

4. Ma première murder

Personnellement, je ne connaissais absolument pas le monde de la murder ni du Grandeur Nature avant qu’une amie ne m’en parle.

Pour être honnête, j’avais un peu d’appréhension pour cette première. Etant donné que je n’avais absolument aucune idée de la manière dont ce genre de soirée pouvait se dérouler, j’avais peur de me retrouver complètement dépourvue d’idées et d’être incapable de bien jouer mon personnage.

Mais en réalité, tout s’est très bien passé car chacun était réellement impliqué dans son rôle, que ce soit en termes de costume ou d’interprétation, et du coup j’ai été entraînée par les autres et la soirée est passée à la vitesse de l’éclair !

L’important c’est de lâcher-prise et de ne pas hésiter à se prendre au jeu. Profitez-en, pour une fois que vous pouvez incarner des démons, des agents secrets et autres aventuriers de l’espace !

 

Photo murder 3

(Titre d’une des murders proposées par GNeuh, Ovni soit qui mal y pense, conçue et rédigée par Olivier Noël)

 

En conclusion, je dirais que pour ceux qui ont un peu d’appréhension à l’idée de pénétrer dans le monde du Grandeur Nature, la murder se présente comme un bon début et un premier pas dans le monde du jeu de rôle. Sous un format plus court que la plupart des GN et demandant moins d’investissement dans les costumes, la murder party est destinée à tous ceux qui ont envie de passer une soirée agréable et originale entre amis, aux curieux, à ceux en manque de sensations fortes…

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